Le chiffrement des données : c’est quoi ?

En matière de cybersécurité, le chiffrement consiste à convertir des données d’un format lisible en un format codé. Les données chiffrées ne peuvent être lues ou traitées qu’après avoir été déchiffrées. 

Le chiffrement joue un rôle fondamental dans la sécurité des données. Il s’agit de la méthode la plus simple et la plus efficace pour s’assurer que les informations d’un système informatique ne peuvent ni être volées, ni être lues par des individus mal intentionnés. 

Le chiffrement à des fins de sécurité des données est largement utilisé par les particuliers et les grandes entreprises afin de protéger les informations des utilisateurs lors de leur transmission entre un navigateur et un serveur. Ces informations peuvent inclure différents types de données, allant des informations de paiement aux données personnelles. Le logiciel de chiffrement des données, également appelé algorithme de chiffrement ou code, est utilisé pour créer un schéma de chiffrement qui, en théorie, ne peut être cassé que par une puissance de calcul exceptionnelle. 

Pourquoi le chiffrement des données aide la cybersécurité ? 

Le chiffrement des données joue un rôle essentiel dans le domaine de la cybersécurité en offrant une protection essentielle pour les informations sensibles et confidentielles. Il permet : 

  • Confidentialité : Le chiffrement permet de maintenir la confidentialité des données en les rendant illisibles pour toute personne non autorisée. Même si une personne parvient à intercepter les données, elles seront inutiles sans la clé de chiffrement appropriée pour les déchiffrer. 
  • Intégrité : Le chiffrement aide à garantir l’intégrité des données en détectant toute altération ou modification non autorisée. Lorsque les données sont chiffrées, tout changement apporté aux données chiffrées sera détecté lors du processus de déchiffrement, indiquant ainsi une atteinte à l’intégrité des données. 
  • Authentification : Le chiffrement peut être utilisé pour vérifier l’authenticité des données et de l’expéditeur. L’utilisation de certificats et de signatures numériques permet de s’assurer que les données proviennent bien de la source attendue et qu’elles n’ont pas été altérées en transit. 
  • Protection contre les attaques par interception : Lorsque les données sont chiffrées, elles sont beaucoup plus difficiles à intercepter et à comprendre pour les attaquants. Même si une personne parvient à obtenir les données chiffrées, elle ne pourra pas les lire sans la clé de chiffrement appropriée. 
  • Conformité aux réglementations : De nombreuses réglementations et lois sur la protection des données exigent le chiffrement des informations sensibles. Le chiffrement permet de se conformer à ces exigences légales et réglementaires. 
À lire aussi :  Comment savoir si un email est fiable ?

Les enjeux du chiffrement des données pour la cybersécurité 

Pour éviter les dérives liées à la mauvaise utilisation du chiffrement, il est important d’instaurer des règles de cybersécurité en entreprise.  

Les risques liés à une mauvaise utilisation du chiffrement  

Une mauvaise utilisation du chiffrement de données peut entraîner plusieurs risques importants, notamment : 

  • Fuites de données : Si le chiffrement est incorrectement mis en œuvre, il est possible que des données sensibles soient exposées ou compromises. Cela pourrait entraîner des fuites de données, ce qui peut avoir un impact significatif sur la confidentialité des informations personnelles, financières ou commerciales. 
  • Accès non autorisé : Si les clés de chiffrement sont mal gérées ou si les algorithmes de chiffrement utilisés sont faibles, des attaquants pourraient être en mesure de déchiffrer les données cryptées et d’accéder à des informations confidentielles. Cela peut conduire à un accès non autorisé à des systèmes, des comptes ou des communications sensibles. 
  • Altération des données : Une mauvaise utilisation du chiffrement peut également permettre à des attaquants de modifier les données cryptées sans être détectés. Cela pourrait avoir des conséquences graves, notamment en altérant l’intégrité des informations stockées ou transmises, en modifiant les transactions financières, ou en manipulant des données de manière à tromper les utilisateurs ou les systèmes. 
  • Attaques par canal auxiliaire : Les attaques par canal auxiliaire exploitent les informations supplémentaires obtenues pendant le processus de chiffrement pour compromettre les données. Par exemple, des attaquants pourraient analyser la consommation d’énergie, les temps de réponse ou les caractéristiques électromagnétiques d’un système cryptographique pour récupérer des clés secrètes. Une mauvaise utilisation du chiffrement peut faciliter ces types d’attaques. 
  • Complexité des systèmes : Si le chiffrement est mal géré, il peut ajouter de la complexité aux systèmes et aux processus. Cela peut entraîner des erreurs de mise en œuvre, des vulnérabilités et des difficultés opérationnelles, ce qui peut affaiblir la sécurité globale du système. 
À lire aussi :  Behind the Skills en immersion dans les bureaux de Mailinblack

Il est donc essentiel de comprendre les bonnes pratiques de chiffrement, d’utiliser des algorithmes de chiffrement robustes, de gérer correctement les clés de chiffrement et de mettre en place des processus adéquats pour garantir l’intégrité, la confidentialité et la disponibilité des données. Pour une sécurisation optimale vous pouvez également protéger votre messagerie avec une solution de cybersécurité ainsi que former vos équipes à la cybersécurité.  

Quelles bonnes pratiques pour le chiffrement des données ?  

Le choix d’algorithme  

Il y a différentes méthodes de chiffrement, chacune développée en tenant compte de besoins de sécurité différents. Il existe deux principaux types de chiffrements : symétrique et asymétrique.  

Les méthodes de chiffrement asymétrique, connues également sous le nom de cryptographie à clé publique, utilisent deux clés distinctes pour chiffrer et déchiffrer les données. Ces deux clés sont appelées « clé publique » et « clé privée ».  

Parmi les méthodes classiques de chiffrement asymétrique, on trouve RSA. Cet algorithme, nommé d’après ses créateurs Ron Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman, est largement utilisé pour chiffrer des données avec une clé publique et les déchiffrer avec une clé privée afin d’assurer la sécurité lors de la transmission des données. 

L’Infrastructure à clé publique (ICP) est une méthode de gestion des clés de chiffrement par le biais de l’émission et de la gestion de certificats numériques. 

En ce qui concerne les méthodes de chiffrement symétrique, une seule clé secrète est utilisée pour chiffrer le texte en clair et déchiffrer le texte chiffré. 

Parmi les méthodes classiques de chiffrement symétrique, on trouve le standard de chiffrement des données (DES). Il s’agit d’un algorithme de chiffrement par blocs qui convertit le texte en clair en blocs de 64 bits et les chiffre à l’aide de clés de 48 bits. 

À lire aussi :  La cyber-résilience : un enjeu de taille

Le Triple DES effectue le chiffrement DES trois fois de suite en chiffrant, déchiffrant, puis chiffrant à nouveau les données. 

La norme de chiffrement avancée (AES) est souvent considérée comme la référence en matière de chiffrement des données. Adoptée par le gouvernement américain, elle est utilisée dans le monde entier. 

Twofish est un algorithme de chiffrement rapide et librement utilisable, considéré comme l’un des plus performants. 

Les clés de chiffrement  

Une clé cryptographique est une séquence de caractères utilisée dans un algorithme de chiffrement pour transformer des données de manière à les rendre semblables à des données aléatoires. Tout comme une clé physique, elle verrouille (chiffre) les données de sorte que seules les personnes ayant la bonne clé puissent les déverrouiller (déchiffrer). Les données d’origine sont appelées texte en clair, tandis que les données après le chiffrement avec la clé sont appelées code-texte (ciphertext). 

Articles similaires

Cybersécurité
29.04.2020

Comment se prémunir d'une cyberattaque ?